Bruno Le Maire, un ministre des finances pour qui ?

Je trouve particulièrement scandaleux que Bruno Le Maire, Ministre des Finances, déclare ce matin 9 octobre 2017 sur France Inter que les impôts sur le capital sont excessifs et que les entreprises ne peuvent pas se financer de ce fait.

La réalité comptable est toute autre : les bénéfices bruts sont d’abord répartis dans les rémunérations de gérance ou de direction, puis en dividendes, primes, actions, bonus et autres chapeaux, toujours en direction des dirigeants. On a vu grimper en flèche depuis 20 ans l’enrichissement des détenteurs du capital. Celui-ci est immense au point d’être dorénavant très difficile à cacher. Dividendes records, gros salaires en hausse à 2 chiffres, tout ceci a permis de décupler en 20 ans les moyens des plus aisés. Cet enrichissement vient d’une part des revenus boursiers de valeurs mobilières (les actions), mais il vient aussi des ressources dégagées par l’activité des entreprises, qui sont en grande partie captées par ceux qui ont le pouvoir de le faire, sans aucune régulation ni contre-pouvoir.

Les salaires sont quasiment gelés depuis 30 ans, ils ne sont donc pour rien dans le supposé défaut d’investissement. Ce sont bel et bien les directions d’entreprises et les actionnaires qui sacrifient l’investissement au bénéfice de l’augmentation de leur patrimoine et de leur train de vie.

L’impôt n’y est pour rien, et il est faux de déclarer que l’impôt bloque tout en France. D’autant plus que le résultat fiscal d’une entreprise (et donc son impôt) diminue en fonction de l’augmentation des prélèvements sociaux effectués par les dirigeants. Les systèmes dérogatoires sont innombrables et c’est une des complexités du Droit du Travail et du Droit Fiscal des entreprises. Rien qu’avec les aides « réduction Fillon » et maintenant le CICE, les entreprises sont inondées de finances publiques ; c’est même le « ruissellement à l’envers ». On peut valablement considérer qu’une grande partie des entreprises en France sont subventionnées ; pendant ce temps, paradoxe inexcusable, les patrons, MEDEF en tête, déclarent haut et fort leur refus de l’intervention de l’Etat… Cherchez l’erreur !

Tous les prélèvements effectués par les dirigeants et détenteurs du capital des entreprises se font au détriment de l’investissement et des réserves à stocker par l’entreprise. Il est très clair que, s’il n’était que l’impôt, les entreprises se porteraient certainement beaucoup mieux et garantiraient leur développement et leur avenir de manière bien moins précaire. Mais vous savez fort bien que pour constater cela, il faut avoir accès au passif du bilan des comptes des entreprises, et que ça n’est guère à la portée du public.

Monsieur Bruno Le Maire, vous mentez. Vous oubliez que vous êtes notre ministre, celui du peuple et non de la ploutocratie de ce pays. C’est une forfaiture supplémentaire que la Nation subit. Vos propres intérêts se confondent avec les entités que vous défendez. Vous ne manquez pas de faire savoir que les politiques seraient « mal payés », ce qui est assez audacieux voire outrageux par les temps qui courent. Vos propres revenus dépassant les 150 K€ par an, soit un SMIC ANNUEL par mois, on comprend mieux votre attitude envers l’impôt. Il est votre ennemi, vous ne le cachez pas. D’ailleurs, il suffit d’examiner attentivement votre pédigrée personnel, familial et « professionnel » pour comprendre vos motivations à faire à ce sujet des déclarations mensongères dans les médias.

Ceci étant, je voudrais simplement (vous) rappeler les articles 12 à 14 de la Déclarations des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui affirment que chacun doit contribuer à raison de ses facultés, ce dont vous semblez vous soucier comme d’une guigne…


Archive pour 9 octobre, 2017

Bruno Le Maire, un ministre des finances pour qui ?

Je trouve particulièrement scandaleux que Bruno Le Maire, Ministre des Finances, déclare ce matin 9 octobre 2017 sur France Inter que les impôts sur le capital sont excessifs et que les entreprises ne peuvent pas se financer de ce fait.

La réalité comptable est toute autre : les bénéfices bruts sont d’abord répartis dans les rémunérations de gérance ou de direction, puis en dividendes, primes, actions, bonus et autres chapeaux, toujours en direction des dirigeants. On a vu grimper en flèche depuis 20 ans l’enrichissement des détenteurs du capital. Celui-ci est immense au point d’être dorénavant très difficile à cacher. Dividendes records, gros salaires en hausse à 2 chiffres, tout ceci a permis de décupler en 20 ans les moyens des plus aisés. Cet enrichissement vient d’une part des revenus boursiers de valeurs mobilières (les actions), mais il vient aussi des ressources dégagées par l’activité des entreprises, qui sont en grande partie captées par ceux qui ont le pouvoir de le faire, sans aucune régulation ni contre-pouvoir.

Les salaires sont quasiment gelés depuis 30 ans, ils ne sont donc pour rien dans le supposé défaut d’investissement. Ce sont bel et bien les directions d’entreprises et les actionnaires qui sacrifient l’investissement au bénéfice de l’augmentation de leur patrimoine et de leur train de vie.

L’impôt n’y est pour rien, et il est faux de déclarer que l’impôt bloque tout en France. D’autant plus que le résultat fiscal d’une entreprise (et donc son impôt) diminue en fonction de l’augmentation des prélèvements sociaux effectués par les dirigeants. Les systèmes dérogatoires sont innombrables et c’est une des complexités du Droit du Travail et du Droit Fiscal des entreprises. Rien qu’avec les aides « réduction Fillon » et maintenant le CICE, les entreprises sont inondées de finances publiques ; c’est même le « ruissellement à l’envers ». On peut valablement considérer qu’une grande partie des entreprises en France sont subventionnées ; pendant ce temps, paradoxe inexcusable, les patrons, MEDEF en tête, déclarent haut et fort leur refus de l’intervention de l’Etat… Cherchez l’erreur !

Tous les prélèvements effectués par les dirigeants et détenteurs du capital des entreprises se font au détriment de l’investissement et des réserves à stocker par l’entreprise. Il est très clair que, s’il n’était que l’impôt, les entreprises se porteraient certainement beaucoup mieux et garantiraient leur développement et leur avenir de manière bien moins précaire. Mais vous savez fort bien que pour constater cela, il faut avoir accès au passif du bilan des comptes des entreprises, et que ça n’est guère à la portée du public.

Monsieur Bruno Le Maire, vous mentez. Vous oubliez que vous êtes notre ministre, celui du peuple et non de la ploutocratie de ce pays. C’est une forfaiture supplémentaire que la Nation subit. Vos propres intérêts se confondent avec les entités que vous défendez. Vous ne manquez pas de faire savoir que les politiques seraient « mal payés », ce qui est assez audacieux voire outrageux par les temps qui courent. Vos propres revenus dépassant les 150 K€ par an, soit un SMIC ANNUEL par mois, on comprend mieux votre attitude envers l’impôt. Il est votre ennemi, vous ne le cachez pas. D’ailleurs, il suffit d’examiner attentivement votre pédigrée personnel, familial et « professionnel » pour comprendre vos motivations à faire à ce sujet des déclarations mensongères dans les médias.

Ceci étant, je voudrais simplement (vous) rappeler les articles 12 à 14 de la Déclarations des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui affirment que chacun doit contribuer à raison de ses facultés, ce dont vous semblez vous soucier comme d’une guigne…

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