Macron et le bordel…

« il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent avoir des postes là-bas.  (parce qu’il y en a qui ont les qualifications pour le faire) (et c’est pas loin de chez eux) ».

Déclaration de M. Macron le 4 octobre 2017. Nous avons là un bel exemple de la considération d’un Président de la République Française envers les salariés. Tout à fait dans la continuité de l’affaire du costard en mai 2016, lorsqu’il était ministre, déjà en train de dézinguer le Code du Travail. Mais décodons d’abord ces derniers propos.

 

« Il y en a certains » : on aime imaginer quelle est l’idée précise qui guide la pensée de M. Macron quand il utilise ce mot « certains« . J’ai pour ma part une piste sur la représentation qu’il se fait des ces « certains » : des individus d’une classe dont il ne fait pas partie et qu’il ne respecte aucunement, des gens qui préfèrent l’oisiveté au travail, des individus qui se permettent de contester (quelle outrecuidance !) et de la faire savoir, peut-être même sympathisants de syndicats ouvriers, des « rouges » quoi ! Des gens qui sont de toute façon des opposants, donc des ennemis.

 

« au lieu de foutre le bordel » : la manifestation et la grève sont des droits fondamentaux. lorsque des salariés doivent en venir à cette extrémité, parce qu’ils subissent des faits inacceptables, de devoir faire grève ou de manifester, cela n’est pas considéré par ce monsieur comme une expression légitime fondée sur des motifs légitimes. Non, pour M. Macron – pourtant Président et garant de nos institutions – cela s’appelle « foutre le bordel« . Autrement dit, un bon employé est un employé qui se tait et fait là où on lui dit de faire. Pour ce personnage, il y a mieux à faire que de tenter de se faire entendre, et certainement mieux que de tenter de faire valoir des droits. Droits contre lesquels M. Macron a significativement oeuvré très récemment ! D’ailleurs, tout à sa morgue, celui-ci continue à refuser toute rencontre alors que son refus fait précisément partie des motifs de mécontentement des « fouteurs de bordel ».

 

« feraient mieux d’aller (etc..) » : là, il faut bien écouter car on est au coeur de l’idée présidentielle. Le message est clair : le salarié se doit d’avoir la mobilité la plus totale, et faire abstraction de toute autre considération. Car c’est l’essence même de l’idéal politique et des convictions de ce nouveau président : le monde du travail doit offrir une main-d’oeuvre obéissante, qualifiée, facile à utiliser sans difficultés administratives, facile à s’en défaire, mais aussi totalement mobile, prête à tout instant à partir là où on la veut.

 

« peuvent avoir des postes là-bas (c’est pas loin de chez eux) » :  Le terme « là-bas » implique une distance importante, notable ; plus grande que quand on dit « ici » ou « là ». les postes « là-bas« , ça signifie pour ces salariés tout quitter pour aller travailler à 140 km de leur site actuel, soit 2 heures de chez eux ! M. Macron considérant qu’aucun obstacle n’existe pour ces fâcheux troublions d’aller travailler à Ussel… Mais pour M. Macron, tout ceci est quantité négligeable ; peut-être oublie-t-il que nous n’avons pas tous hélicoptère, avion ou limousine avec chauffeur à disposition, et que travailler là ferait effectuer 280 km par jour…..  Mais qu’importe, puisque « qu’ils ont les qualifications pour le faire« . Bien entendu, les salariés qualifiés, ça manque souvent, c’est très utile et on en voudrait bien ! Mais il serait mieux qu’ils acceptent tout sans compter, sans s’assurer de leurs droits, et surtout sans considération de vie privée. Taisez-vous, déménagez (payez !), quittez votre vie actuelle (sacrifiez-la) et allez bosser pour les gens de mon monde, au tarif qu’ils voudront bien vous accorder, sans discussion. Si « bordel » il doit y avoir, mettez-le dans votre propre vie…

 

Circulez, il n’y a rien à voir. Voilà en somme le seul argument, la seule réponse possible à attendre de ce président-là. Qui vaut bien le « casse-toi pov’con » d’un certain président précédent. Car la vulgarité sous-jacente des propos de Macron sont du même niveau que ceux de Sarkozi de Nagui-Bosca à leur époque. Pire encore même, parce que Macron veut se présenter comme quelqu’un de digne et de respectable ! Or, on constate là, encore une fois, qu’il ne l’est guère plus.

Son mépris des gens ordinaires est de plus en plus palpable. Les exemples ne manquent pas, Whirlpool par exemple. Rappelez-vous aussi mai 2016 et son apostrophe à des opposants, sa réplique lancée sur un ton vif : « vous [n']allez pas me faire pleurer avec votre T-shirt. Le meilleur moyen de se payer un costard, c’est de travailler« . On voit que Macron est atteint quand on parle de son costume, car il répond du tac au tac, un peu « à la Sarko ». Le vernis craque… Cette formule lapidaire et condescendante, indigne d’un ministre, est une véritable insulte envers son jeune interlocuteur. En gros, comprendre : « si vous êtes pauvre, c’est de votre faute. Vous n’avez qu’à travailler ». Edifiant quand on sait l’impuissance de ce ministre à juguler le chômage ! Mais ce qui est intolérable, c’est que Macron dit ça à quelqu’un qui gagne entre 10 et 30 fois moins que lui, même en ayant un emploi à temps plein ! Un énarque (encore un, ils nous tuent tous…), ancien banquier d’affaires, au patrimoine (mal défini) qui se chiffres en millions d’euros, et qui tient de tels propos dans de telles circonstances, c’est infect. C’était bien là encore montrer combien les gens qui ont quelque chose à dire ou à défendre sont pour lui dérangeants et méprisables. Quand on cherche un emploi et qu’on entend ça, de la part de quelqu’un qui a gagné des millions d’euros chez Rothschild, qui obtient des prêts d’origine très diverses par millions d’euros, on a de quoi se sentir trahi et agressé.

Aujourd’hui, M. Macron réitère des propos qui ont exactement le même fond : « vous êtes des travailleurs, fermez-là et allez travailler ». Il faut aussi comprendre par là qu’il règne une nette détestation (pour ne pas dire une haine) du milieu salarié, ouvrier, populaire, et que le démantèlement du Code du Travail par Macron ne fait qu’en montrer la portée. Ce monsieur détruit le peu de Droit du Travail qui restait à défendre, tout en sachant fort bien que ses prédécesseurs ont déjà mis à mal toute possibilité de contrôle et de sanction envers les entreprises fautives. Un des résultats de ses actions est le blanchiment des heures de travail non payées, qui se comptent par milliards chaque année. Aujourd’hui, confronté à un mouvement social, il renouvelle son mépris envers ceux qui doivent vivre avec des revenus qui peinent à atteindre l’équivalent de 5% des siens ! C’est d’une indécence typique de cette part de français très aisés et dorénavant tout à fait décomplexés.

Nous ne faisons pas partie du même monde, et tout est fait pour que ces deux mondes s’éloignent le plus possible : à vous le boulot (si possible, et dans les conditions que nous fixerons), à nous le pouvoir (le plus absolu possible) et l’argent (en quantité la plus élevée). Le soi-disant « anti-système » est bien à l’aise aujourd’hui pour s’y ancrer profondément. Maintenant élu président, il ne manque pas de se sentir en pleine légitimité. M. Macron représente un milieu qui n’a que faire de la population et s’en préserve. Il faut clairement affirmer que les 20,7 millions de votants (sur 41 millions) ont élu le fer de lance du MEDEF à la tête de l’Etat…

 

Zola, au secours !!!

 


Archive pour 6 octobre, 2017

Macron et le bordel…

« il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent avoir des postes là-bas.  (parce qu’il y en a qui ont les qualifications pour le faire) (et c’est pas loin de chez eux) ».

Déclaration de M. Macron le 4 octobre 2017. Nous avons là un bel exemple de la considération d’un Président de la République Française envers les salariés. Tout à fait dans la continuité de l’affaire du costard en mai 2016, lorsqu’il était ministre, déjà en train de dézinguer le Code du Travail. Mais décodons d’abord ces derniers propos.

 

« Il y en a certains » : on aime imaginer quelle est l’idée précise qui guide la pensée de M. Macron quand il utilise ce mot « certains« . J’ai pour ma part une piste sur la représentation qu’il se fait des ces « certains » : des individus d’une classe dont il ne fait pas partie et qu’il ne respecte aucunement, des gens qui préfèrent l’oisiveté au travail, des individus qui se permettent de contester (quelle outrecuidance !) et de la faire savoir, peut-être même sympathisants de syndicats ouvriers, des « rouges » quoi ! Des gens qui sont de toute façon des opposants, donc des ennemis.

 

« au lieu de foutre le bordel » : la manifestation et la grève sont des droits fondamentaux. lorsque des salariés doivent en venir à cette extrémité, parce qu’ils subissent des faits inacceptables, de devoir faire grève ou de manifester, cela n’est pas considéré par ce monsieur comme une expression légitime fondée sur des motifs légitimes. Non, pour M. Macron – pourtant Président et garant de nos institutions – cela s’appelle « foutre le bordel« . Autrement dit, un bon employé est un employé qui se tait et fait là où on lui dit de faire. Pour ce personnage, il y a mieux à faire que de tenter de se faire entendre, et certainement mieux que de tenter de faire valoir des droits. Droits contre lesquels M. Macron a significativement oeuvré très récemment ! D’ailleurs, tout à sa morgue, celui-ci continue à refuser toute rencontre alors que son refus fait précisément partie des motifs de mécontentement des « fouteurs de bordel ».

 

« feraient mieux d’aller (etc..) » : là, il faut bien écouter car on est au coeur de l’idée présidentielle. Le message est clair : le salarié se doit d’avoir la mobilité la plus totale, et faire abstraction de toute autre considération. Car c’est l’essence même de l’idéal politique et des convictions de ce nouveau président : le monde du travail doit offrir une main-d’oeuvre obéissante, qualifiée, facile à utiliser sans difficultés administratives, facile à s’en défaire, mais aussi totalement mobile, prête à tout instant à partir là où on la veut.

 

« peuvent avoir des postes là-bas (c’est pas loin de chez eux) » :  Le terme « là-bas » implique une distance importante, notable ; plus grande que quand on dit « ici » ou « là ». les postes « là-bas« , ça signifie pour ces salariés tout quitter pour aller travailler à 140 km de leur site actuel, soit 2 heures de chez eux ! M. Macron considérant qu’aucun obstacle n’existe pour ces fâcheux troublions d’aller travailler à Ussel… Mais pour M. Macron, tout ceci est quantité négligeable ; peut-être oublie-t-il que nous n’avons pas tous hélicoptère, avion ou limousine avec chauffeur à disposition, et que travailler là ferait effectuer 280 km par jour…..  Mais qu’importe, puisque « qu’ils ont les qualifications pour le faire« . Bien entendu, les salariés qualifiés, ça manque souvent, c’est très utile et on en voudrait bien ! Mais il serait mieux qu’ils acceptent tout sans compter, sans s’assurer de leurs droits, et surtout sans considération de vie privée. Taisez-vous, déménagez (payez !), quittez votre vie actuelle (sacrifiez-la) et allez bosser pour les gens de mon monde, au tarif qu’ils voudront bien vous accorder, sans discussion. Si « bordel » il doit y avoir, mettez-le dans votre propre vie…

 

Circulez, il n’y a rien à voir. Voilà en somme le seul argument, la seule réponse possible à attendre de ce président-là. Qui vaut bien le « casse-toi pov’con » d’un certain président précédent. Car la vulgarité sous-jacente des propos de Macron sont du même niveau que ceux de Sarkozi de Nagui-Bosca à leur époque. Pire encore même, parce que Macron veut se présenter comme quelqu’un de digne et de respectable ! Or, on constate là, encore une fois, qu’il ne l’est guère plus.

Son mépris des gens ordinaires est de plus en plus palpable. Les exemples ne manquent pas, Whirlpool par exemple. Rappelez-vous aussi mai 2016 et son apostrophe à des opposants, sa réplique lancée sur un ton vif : « vous [n']allez pas me faire pleurer avec votre T-shirt. Le meilleur moyen de se payer un costard, c’est de travailler« . On voit que Macron est atteint quand on parle de son costume, car il répond du tac au tac, un peu « à la Sarko ». Le vernis craque… Cette formule lapidaire et condescendante, indigne d’un ministre, est une véritable insulte envers son jeune interlocuteur. En gros, comprendre : « si vous êtes pauvre, c’est de votre faute. Vous n’avez qu’à travailler ». Edifiant quand on sait l’impuissance de ce ministre à juguler le chômage ! Mais ce qui est intolérable, c’est que Macron dit ça à quelqu’un qui gagne entre 10 et 30 fois moins que lui, même en ayant un emploi à temps plein ! Un énarque (encore un, ils nous tuent tous…), ancien banquier d’affaires, au patrimoine (mal défini) qui se chiffres en millions d’euros, et qui tient de tels propos dans de telles circonstances, c’est infect. C’était bien là encore montrer combien les gens qui ont quelque chose à dire ou à défendre sont pour lui dérangeants et méprisables. Quand on cherche un emploi et qu’on entend ça, de la part de quelqu’un qui a gagné des millions d’euros chez Rothschild, qui obtient des prêts d’origine très diverses par millions d’euros, on a de quoi se sentir trahi et agressé.

Aujourd’hui, M. Macron réitère des propos qui ont exactement le même fond : « vous êtes des travailleurs, fermez-là et allez travailler ». Il faut aussi comprendre par là qu’il règne une nette détestation (pour ne pas dire une haine) du milieu salarié, ouvrier, populaire, et que le démantèlement du Code du Travail par Macron ne fait qu’en montrer la portée. Ce monsieur détruit le peu de Droit du Travail qui restait à défendre, tout en sachant fort bien que ses prédécesseurs ont déjà mis à mal toute possibilité de contrôle et de sanction envers les entreprises fautives. Un des résultats de ses actions est le blanchiment des heures de travail non payées, qui se comptent par milliards chaque année. Aujourd’hui, confronté à un mouvement social, il renouvelle son mépris envers ceux qui doivent vivre avec des revenus qui peinent à atteindre l’équivalent de 5% des siens ! C’est d’une indécence typique de cette part de français très aisés et dorénavant tout à fait décomplexés.

Nous ne faisons pas partie du même monde, et tout est fait pour que ces deux mondes s’éloignent le plus possible : à vous le boulot (si possible, et dans les conditions que nous fixerons), à nous le pouvoir (le plus absolu possible) et l’argent (en quantité la plus élevée). Le soi-disant « anti-système » est bien à l’aise aujourd’hui pour s’y ancrer profondément. Maintenant élu président, il ne manque pas de se sentir en pleine légitimité. M. Macron représente un milieu qui n’a que faire de la population et s’en préserve. Il faut clairement affirmer que les 20,7 millions de votants (sur 41 millions) ont élu le fer de lance du MEDEF à la tête de l’Etat…

 

Zola, au secours !!!

 

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