Théorie du ruissellement (parce qu’il faut encore des mots pour fonder certains agissements)

On entend de nouveau parler depuis quelques temps déjà, plus encore suite à l’avènement de Macron et du groupe « En Marche« , d’une supposée théorie « du ruissellement ».

Selon cette idée – qui n’a en fait rien d’une théorie économique – il faudrait favoriser l’enrichissement des individus les plus fortunés et ne pas gréver l’augmentation de leurs revenus, ce qui aurait « naturellement » des conséquences positives pour l’économie nationale et les populations les moins aisées. Aujourd’hui, selon cette vision, les gens disposant de forts revenus sont des gens qui dépensent beaucoup, ce qui aurait pour effet évident de redistribuer l’argent vers la Nation et de générer plus d’emplois. L’intervention de l’Etat et les prélèvements fiscaux seraient par conséquent vains voire même improductifs. Ah ?

L’origine de cette « théorie » vient de Adam Smith et son concept de « main invisible« , processus censé provoquer implicitement une redistribution des richesses sans intervention extérieure. Publiée en 1776 – remarquablement, l’année de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis – cette théorie défend l’idée qu’un mécanisme autorégulateur spontané s’imposerait de lui-même en ce cas. Evidemment, les libéraux décomplexés des années 80 et suivantes n’ont pas manqué de se sentir confortés et d’y faire référence pour nous vendre l’autorégulation comme une règle de base justifiant le refus de tout système d’intervention étatique sur leurs revenus, leurs origines et leurs destinations.

En somme, on veut nous faire admettre que les flux se redirigent toujours et automatiquement sur l’ensemble de la Nation….. Suivez mon regard : il s’agit bien évidemment de diminuer l’impôt, voire toute forme d’intervention de l’Etat sur les plus forts revenus. Pour décrire ce phénomène plus simplement, il s’agit de ne plus taxer les riches afin qu’ils puissent disposer librement de leurs revenus, puisque des miettes finiront bien par retomber – un jour.

Cette théorie est fumeuse, c’est une fable naïve et une escroquerie intellectuelle. Bien des exemples dans l’Histoire nous l’on montré. Aux USA avec Reagan, Clinton, ou au Royaume-Uni avec Tatcher, on a vu les conséquences de la réduction drastique de l’impôt sur cette tranche de population. Des événements plus récents en ont fait une démonstration magistrale, avec la crise de 2008 qui a révélé l’augmentation des inégalités. L’autorégulation, ça n’existe pas, sans quoi il n’y aurait pas quelques individus détenant à eux seuls un patrimoine équivalent à 50% de celui du reste de l’humanité. On sait fort bien que l’enrichissement d’une minorité se fait non seulement sur le dos d’une grande majorité mais qu’il a une nette tendance à se préserver et à s’expatrier. Les riches passent plutôt leurs vacances aux Maldives que dans le fin fond du Cantal. Ils investissent plutôt chez HSBC ou dans l’immobilier d’affaires des paradis lointains. Leur revenu, même s’il est (en partie) « redistribué », ce n’est pas la Nation qui en voit la couleur.

En France notamment (mais c’est une loi universelle), on constate que l’enrichissement des uns marche en absolu parallèle avec l’appauvrissement des autres ; le clivage est net et le lien est direct. 10% des français les plus riches détiennent maintenant la moitié du patrimoine total, et leur richesse a explosé ces dernières années alors que celle des plus pauvres a diminué de 30% ! Ceci démontre clairement que le ruissellement ne fonctionne pas. Ou plutôt, s’il existe, c’est vers le haut qu’il se produit. Ce que cette théorie néglige, c’est que la richesse globale disponible est un volume fini et que le seul ressort naturel dont on peut être certain, c’est la cupidité. On connait l’effet des inégalités cumulatives que l’enrichissement entraine avec lui. De plus, lorsqu’elle atteint un certain niveau l’augmentation du patrimoine personnel devient un outil de pouvoir et met à disposition des moyens d’exercer de fortes influences, y compris pour s’enrichir plus fort et plus vite.  Il faut donc bien au contraire prévoir des mesures de régulation pour contrer certains de ces phénomènes systématiques.

D’autre part, cette idée de ruissellement naturel « vers le bas », même si elle fonctionnait, est contraire aux principes de base de toute bonne démocratie. En effet, elle contrevient à l’Article 13 de la Déclaration des Droits de l’Homme qui dit que chacun doit participer à la contribution commune et le faire « à raison de ses facultés », autrement dit proportionnellement au niveau de ses revenus. Dans une Nation démocratique et responsable, on n’attend pas les effets d’une soi-disant « régulation naturelle » ; on se doit de respecter les articles 12 et 13 de la Déclaration des Droits de l’Homme ainsi que les articles 10 à 13 du préambule du 27 octobre 1946 de la Constitution. Pour cela, l’impôt est obligatoire et nécessaire et doit être employé tel que la Déclaration des Droits de l’Homme l’indique.

L’internationale des néolibéraux de tout bord, envahisseurs des organes du pouvoir politique, destructeurs de services publics et de l’Etat providence, très attachée aux thèses mensongères de la régulation naturelle des systèmes économiques, montrent ainsi leur caractère fondamentalement anti-démocratique et leur absence de sentiment d’appartenance à la Nation. En cela, paradoxe absolument stupéfiant, ces sont ces gens qui sont les meilleurs exemples d’application des aspirations……. de l’Anarchie.

 

Théo ruissell


Archive pour 3 octobre, 2017

Théorie du ruissellement (parce qu’il faut encore des mots pour fonder certains agissements)

On entend de nouveau parler depuis quelques temps déjà, plus encore suite à l’avènement de Macron et du groupe « En Marche« , d’une supposée théorie « du ruissellement ».

Selon cette idée – qui n’a en fait rien d’une théorie économique – il faudrait favoriser l’enrichissement des individus les plus fortunés et ne pas gréver l’augmentation de leurs revenus, ce qui aurait « naturellement » des conséquences positives pour l’économie nationale et les populations les moins aisées. Aujourd’hui, selon cette vision, les gens disposant de forts revenus sont des gens qui dépensent beaucoup, ce qui aurait pour effet évident de redistribuer l’argent vers la Nation et de générer plus d’emplois. L’intervention de l’Etat et les prélèvements fiscaux seraient par conséquent vains voire même improductifs. Ah ?

L’origine de cette « théorie » vient de Adam Smith et son concept de « main invisible« , processus censé provoquer implicitement une redistribution des richesses sans intervention extérieure. Publiée en 1776 – remarquablement, l’année de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis – cette théorie défend l’idée qu’un mécanisme autorégulateur spontané s’imposerait de lui-même en ce cas. Evidemment, les libéraux décomplexés des années 80 et suivantes n’ont pas manqué de se sentir confortés et d’y faire référence pour nous vendre l’autorégulation comme une règle de base justifiant le refus de tout système d’intervention étatique sur leurs revenus, leurs origines et leurs destinations.

En somme, on veut nous faire admettre que les flux se redirigent toujours et automatiquement sur l’ensemble de la Nation….. Suivez mon regard : il s’agit bien évidemment de diminuer l’impôt, voire toute forme d’intervention de l’Etat sur les plus forts revenus. Pour décrire ce phénomène plus simplement, il s’agit de ne plus taxer les riches afin qu’ils puissent disposer librement de leurs revenus, puisque des miettes finiront bien par retomber – un jour.

Cette théorie est fumeuse, c’est une fable naïve et une escroquerie intellectuelle. Bien des exemples dans l’Histoire nous l’on montré. Aux USA avec Reagan, Clinton, ou au Royaume-Uni avec Tatcher, on a vu les conséquences de la réduction drastique de l’impôt sur cette tranche de population. Des événements plus récents en ont fait une démonstration magistrale, avec la crise de 2008 qui a révélé l’augmentation des inégalités. L’autorégulation, ça n’existe pas, sans quoi il n’y aurait pas quelques individus détenant à eux seuls un patrimoine équivalent à 50% de celui du reste de l’humanité. On sait fort bien que l’enrichissement d’une minorité se fait non seulement sur le dos d’une grande majorité mais qu’il a une nette tendance à se préserver et à s’expatrier. Les riches passent plutôt leurs vacances aux Maldives que dans le fin fond du Cantal. Ils investissent plutôt chez HSBC ou dans l’immobilier d’affaires des paradis lointains. Leur revenu, même s’il est (en partie) « redistribué », ce n’est pas la Nation qui en voit la couleur.

En France notamment (mais c’est une loi universelle), on constate que l’enrichissement des uns marche en absolu parallèle avec l’appauvrissement des autres ; le clivage est net et le lien est direct. 10% des français les plus riches détiennent maintenant la moitié du patrimoine total, et leur richesse a explosé ces dernières années alors que celle des plus pauvres a diminué de 30% ! Ceci démontre clairement que le ruissellement ne fonctionne pas. Ou plutôt, s’il existe, c’est vers le haut qu’il se produit. Ce que cette théorie néglige, c’est que la richesse globale disponible est un volume fini et que le seul ressort naturel dont on peut être certain, c’est la cupidité. On connait l’effet des inégalités cumulatives que l’enrichissement entraine avec lui. De plus, lorsqu’elle atteint un certain niveau l’augmentation du patrimoine personnel devient un outil de pouvoir et met à disposition des moyens d’exercer de fortes influences, y compris pour s’enrichir plus fort et plus vite.  Il faut donc bien au contraire prévoir des mesures de régulation pour contrer certains de ces phénomènes systématiques.

D’autre part, cette idée de ruissellement naturel « vers le bas », même si elle fonctionnait, est contraire aux principes de base de toute bonne démocratie. En effet, elle contrevient à l’Article 13 de la Déclaration des Droits de l’Homme qui dit que chacun doit participer à la contribution commune et le faire « à raison de ses facultés », autrement dit proportionnellement au niveau de ses revenus. Dans une Nation démocratique et responsable, on n’attend pas les effets d’une soi-disant « régulation naturelle » ; on se doit de respecter les articles 12 et 13 de la Déclaration des Droits de l’Homme ainsi que les articles 10 à 13 du préambule du 27 octobre 1946 de la Constitution. Pour cela, l’impôt est obligatoire et nécessaire et doit être employé tel que la Déclaration des Droits de l’Homme l’indique.

L’internationale des néolibéraux de tout bord, envahisseurs des organes du pouvoir politique, destructeurs de services publics et de l’Etat providence, très attachée aux thèses mensongères de la régulation naturelle des systèmes économiques, montrent ainsi leur caractère fondamentalement anti-démocratique et leur absence de sentiment d’appartenance à la Nation. En cela, paradoxe absolument stupéfiant, ces sont ces gens qui sont les meilleurs exemples d’application des aspirations……. de l’Anarchie.

 

Théo ruissell

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