Chômage à géométrie variable

Le chômage est le cheval de bataille au temps des promesses, puis un champ de bataille quand vient l’heure des comptes.

De droite ou de gauche, c’est pareil. Il faut cesser d’attribuer à un camp ou à l’autre les mérites ou les mauvais points car ça ne se situe pas du tout à ce niveau, et le vote n’y apporte rien. S’il parait évident qu’on n’a rien à attendre de la droite, qui préfère éliminer tout ce qui pourrait entamer des scores de rentabilité à 2 chiffres, il est plus difficile de supporter la vision d’une gauche qui concourre à démolir le Code du Travail et à rendre la vie des salariés, embauchés ou non, plus difficile encore.

Le président actuel nous a abusé : il ne nous a pas dit que son changement, c’était de passer les idées de la gauche par les armes pour soutenir celles du MEDEF ! En quelque sorte, << Le changement c’est maintenant >> est devenu << c’est maintenant que vous allez comprendre votre douleur… >>. et pour ce qui est des promesses de lutte contre le chômage, on a atteint des abysses…Pour ce qui est du nombre de personnes employables mais laissées pour compte, on atteint des profondeurs dignes de la fosse des Mariannes ; inconnues et insondables.

Avec 3,6 millions de demandeurs d’emploi donnés par la «communication officielle» (ceux déclarés au journal de 13 heures et de 20 heures), on explose un seuil historique. Mais cela ne concerne que la catégorie A (salariés libres pour un CDI à temps plein) et uniquement en métropole !

Si on y ajoute les demandeurs en activité partielle (catégories B et C) y compris les départements et territoires d’outre-mer, on arrive au nombre impressionnant de 5,8 millions de personnes touchées. Soit 60% de plus que le chiffre le plus couramment publié… En passant, on ne sait pas pourquoi ce n’est pas ce chiffre qui est utilisé officiellement. Mais ce n’est pas tout ! Il faut ajouter d’autres publics qui n’apparaissent jamais :

- les demandeurs d’emploi en stage, en formation, en arrêt maladie, accidentés, enceintes
- les titulaires du RSA non inscrits (environ 1 million de personnes !)
- les plus de 55 ans et les pré-retraités, «dispensés» de démarches de recherche active
- les personnes radiées administrativement ou pour «absence à contrôle», dont le nombre augmente drastiquement : ils représentent 60% des sorties !
- ceux qui ont renoncé à s’inscrire ou à se ré-inscrire et n’ont plus de démarches actives de recherche
- les incarcérés, hébergés en foyer ou précaires

En additionnant toutes les catégories répertoriant les «demandeurs», les chiffres sont supérieurs à 6,5 millions, autant de personnes en situation de demande. Mais le compte définitif est difficile à faire, tant ces derniers éléments sont soigneusement dissimulés, notamment par Pôle Emploi. Il faut que quelques employés de cette structure, dégoutés des procédés et instructions internes, finissent par «lacher» des informations sensibles pour réaliser l’ampleur de la dissimulation, et par là même, des dégâts (merci à Fabienne Brutus pour son courage). Rien de tout à fait précis, mais ce qui est sur c’est qu’on dépasse le stade de la catastrophe nationale.

Alors combien ? 8,5 millions certainement, peut-être même jusqu’à 11 millions de personnes sont en France privées d’un emploi complet et correct, de nature à leur permettre de vivre. Soit 40% de la population censée travailler. On est vertigineusement loin du taux officiel de chômage….

Le CDD est devenu LE contrat de travail-type en France, avec 80% de l’emploi total. Alors que par définition, il s’agit d’un contrat dont l’usage est réservé à des cas spécifiques, et qu’il devrait être d’une utilisation relativement marginale. C’est devenu un outil de la précarité organisée. Et la durée du chômage continue à s’allonger dramatiquement !

 

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