Etre patron, ça modifie le comportement et les valeurs. Mais parfois c’est pire…

A bien observer nos contemporains, on s’aperçoit qu’il y a bien des occasions pour perdre le sens des nobles aspirations, pour aller vers de sombres ambitions. Il suffit de regarder jusqu’où peuvent aller les desiderata des organisations patronales françaises pour se dire qu’il n’y a plus de limites. On pourrait en parler longtemps ; je le ferais certainement, plus tard.

Il y a des cas (hélas loin d’être rares) où le mot « pathologie » doit être employé. J’ai connu ça, dans les milieux professionnels que j’ai traversé. Des employeurs complètement affranchis de toute notion de droit, de lois, de conventions, et même du simple respect du au salarié en sa qualité d’être humain. Ca prend des formes différentes, parfois « curieuses » (je n’ose dire amusantes), souvent crispantes (et génératrices de conflit), la plupart du temps avec comme effet systématique un préjudice plus ou moins direct, et bien souvent une perte de revenu direct (heures supplémentaires non payées en tout ou partie, non respect des obligations contractuelles, conventionnelles ou légales) et indirect (couverture maladie, accident, chômage, retraite).

Mais il existe un exemple remarquable d’individu ayant perdu tout sens commun, et pas seulement à l’occasion d’un coup de colère, mais avec la persistance et l’acharnement caractéristique du déséquilibré. Car c’est dans un courrier électronique, adressé à une de ses salariées, que le rédacteur de ce mail (car, oui, il s’agit bien d’un employeur, et il sévit toujours…) défoule sa folie et sa rage. Insultant, dégradant, stupéfiant, infect, on ne sait que dire à la lecture de ce monument de logorrhée écoeurante. Il faut, pour le salut de certain(e)s peut-être, qui croiseront ce triste sire et pour la mémoire du public, citer ce mail in extenso. Ceci est un extrait de l’arrêt de la Chambre Sociale de la Cour de Cassation de Bordeaux (25 septembre 2013, pourvoi n° 11-25884), il reprend le texte dans son intégralité (fautes comprises), envoyé par le gérant de la société AGL Finances à partir de la boite mail de Emprunt Direct, Alban « Y… ». Accrochez-vous !

 

colère dingue

 

 » Salut grosse vache Alors t’es contente que Marjorie t’ai appelé ?

En tous cas sache que ca ne changera rien du tout ! ! ! ! j’attends toujours ta lettre de démission car après mon comportement tu dois bien comprendre que je ne veux plus voir ta gueule et qu’il est hors de question que je débourse un centime pour ton licenciement ! ! ! ! ! Et pas la peine que tu me casses les couilles avec tes conneries de prud’homme parce que moi j’ai un avocat et je t’enfoncerai encore plus que je l’ai déjà fais et crois moi c’est possible « 

Alors ? ? ? toujours pas les boules d’avoir quitté sofinco et ton petit cdi tranquille !

je tiens quand même à te remercier grâce à toi j’ai pu monter ma boîte à moindre frais et qui aurait cru que tu serais assez naïve pour me suivre après que je t’ai recrutée pour Epargne sans frontière alors que je savais depuis des mois qu’on allait déposé lé bilan ! !

Pauvre conne ! tu croyais vraiment que je t’avais recruté pour tes compétences ?
Alors je te préviens envoie moi ta lettre et plus vite que ça, tu vas enfin bouger ton gros cul pour quelque chose ! ! ! ! !

Et t’avises pas d’essayer de me la faire à l’envers avec la Marjorie sinon tu vas voir ce que c’est du harcèlement, je vais te montrer ce que c’est moi une dépression grosse vache ! ! ! !

Alors ? ? ? ? ? ? tu regrettes toujours pas ? ? ? ? il aurait peut être été plus simple de coucher finalement ! ! ! l maintenant t’a plus rien, plus de boulot, plus d’argent et toujours pas de mec tu peux la faire ta dépression ! ! ! !

Juste pour info change de secteur je t’ai grillé chez toutes les banques tu feras plus rien dans ce métier.
A bon entendeur salut ! ! ! ! ! ! !
PS : tes heures sup tu peux te les foutre au cul.

Alban «  ».

Voilà, voilà….

Le Monsieur Alban « Y… » citée dans l’arrêt est facile à identifier. De son vrai nom Alban Lacondamine (http://fr.viadeo.com/fr/profile/alban.lacondemine,  http://dirigeants.bfmtv.com/Alban-LACONDEMINE-1675153, http://www.manageo.fr/fiche_info/511769721/32/la-francaise-du-courtage.html) , il a sévit au Crédit Lyonnais, puis à Epargne Sans Frontières et Emprunt Direct, continue à exercer son pouvoir de direction à la Française du Courtage, entre autres. Ce monsieur n’a pas été frappé d’interdiction de gérance. Il a été condamné à payer 4.000 euros (seulement !) pour être l’auteur incontesté de ce courrier infâme.

D’aucuns voudraient réduire le droit du travail à la portion congrue, pendant que des salariés sont confrontés à des comportements illégitimes, souvent intolérables, allant même jusqu’à ces excès. Déséquilibre de la personne contre déséquilibre des pouvoirs dans l’entreprise. L’un comme l’autre ne sont pas supportables, et c’est pour cela que le Code du Travail ne doit pas subir d’amputation.


Archive pour 6 octobre, 2015

Etre patron, ça modifie le comportement et les valeurs. Mais parfois c’est pire…

A bien observer nos contemporains, on s’aperçoit qu’il y a bien des occasions pour perdre le sens des nobles aspirations, pour aller vers de sombres ambitions. Il suffit de regarder jusqu’où peuvent aller les desiderata des organisations patronales françaises pour se dire qu’il n’y a plus de limites. On pourrait en parler longtemps ; je le ferais certainement, plus tard.

Il y a des cas (hélas loin d’être rares) où le mot « pathologie » doit être employé. J’ai connu ça, dans les milieux professionnels que j’ai traversé. Des employeurs complètement affranchis de toute notion de droit, de lois, de conventions, et même du simple respect du au salarié en sa qualité d’être humain. Ca prend des formes différentes, parfois « curieuses » (je n’ose dire amusantes), souvent crispantes (et génératrices de conflit), la plupart du temps avec comme effet systématique un préjudice plus ou moins direct, et bien souvent une perte de revenu direct (heures supplémentaires non payées en tout ou partie, non respect des obligations contractuelles, conventionnelles ou légales) et indirect (couverture maladie, accident, chômage, retraite).

Mais il existe un exemple remarquable d’individu ayant perdu tout sens commun, et pas seulement à l’occasion d’un coup de colère, mais avec la persistance et l’acharnement caractéristique du déséquilibré. Car c’est dans un courrier électronique, adressé à une de ses salariées, que le rédacteur de ce mail (car, oui, il s’agit bien d’un employeur, et il sévit toujours…) défoule sa folie et sa rage. Insultant, dégradant, stupéfiant, infect, on ne sait que dire à la lecture de ce monument de logorrhée écoeurante. Il faut, pour le salut de certain(e)s peut-être, qui croiseront ce triste sire et pour la mémoire du public, citer ce mail in extenso. Ceci est un extrait de l’arrêt de la Chambre Sociale de la Cour de Cassation de Bordeaux (25 septembre 2013, pourvoi n° 11-25884), il reprend le texte dans son intégralité (fautes comprises), envoyé par le gérant de la société AGL Finances à partir de la boite mail de Emprunt Direct, Alban « Y… ». Accrochez-vous !

 

colère dingue

 

 » Salut grosse vache Alors t’es contente que Marjorie t’ai appelé ?

En tous cas sache que ca ne changera rien du tout ! ! ! ! j’attends toujours ta lettre de démission car après mon comportement tu dois bien comprendre que je ne veux plus voir ta gueule et qu’il est hors de question que je débourse un centime pour ton licenciement ! ! ! ! ! Et pas la peine que tu me casses les couilles avec tes conneries de prud’homme parce que moi j’ai un avocat et je t’enfoncerai encore plus que je l’ai déjà fais et crois moi c’est possible « 

Alors ? ? ? toujours pas les boules d’avoir quitté sofinco et ton petit cdi tranquille !

je tiens quand même à te remercier grâce à toi j’ai pu monter ma boîte à moindre frais et qui aurait cru que tu serais assez naïve pour me suivre après que je t’ai recrutée pour Epargne sans frontière alors que je savais depuis des mois qu’on allait déposé lé bilan ! !

Pauvre conne ! tu croyais vraiment que je t’avais recruté pour tes compétences ?
Alors je te préviens envoie moi ta lettre et plus vite que ça, tu vas enfin bouger ton gros cul pour quelque chose ! ! ! ! !

Et t’avises pas d’essayer de me la faire à l’envers avec la Marjorie sinon tu vas voir ce que c’est du harcèlement, je vais te montrer ce que c’est moi une dépression grosse vache ! ! ! !

Alors ? ? ? ? ? ? tu regrettes toujours pas ? ? ? ? il aurait peut être été plus simple de coucher finalement ! ! ! l maintenant t’a plus rien, plus de boulot, plus d’argent et toujours pas de mec tu peux la faire ta dépression ! ! ! !

Juste pour info change de secteur je t’ai grillé chez toutes les banques tu feras plus rien dans ce métier.
A bon entendeur salut ! ! ! ! ! ! !
PS : tes heures sup tu peux te les foutre au cul.

Alban «  ».

Voilà, voilà….

Le Monsieur Alban « Y… » citée dans l’arrêt est facile à identifier. De son vrai nom Alban Lacondamine (http://fr.viadeo.com/fr/profile/alban.lacondemine,  http://dirigeants.bfmtv.com/Alban-LACONDEMINE-1675153, http://www.manageo.fr/fiche_info/511769721/32/la-francaise-du-courtage.html) , il a sévit au Crédit Lyonnais, puis à Epargne Sans Frontières et Emprunt Direct, continue à exercer son pouvoir de direction à la Française du Courtage, entre autres. Ce monsieur n’a pas été frappé d’interdiction de gérance. Il a été condamné à payer 4.000 euros (seulement !) pour être l’auteur incontesté de ce courrier infâme.

D’aucuns voudraient réduire le droit du travail à la portion congrue, pendant que des salariés sont confrontés à des comportements illégitimes, souvent intolérables, allant même jusqu’à ces excès. Déséquilibre de la personne contre déséquilibre des pouvoirs dans l’entreprise. L’un comme l’autre ne sont pas supportables, et c’est pour cela que le Code du Travail ne doit pas subir d’amputation.

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