Une seule mort contre des milliers d’autres

N’y at-il pas à la fois un paradoxe vertigineux et une monstrueuse hypocrisie à autant réagir à cette triste photo d’un enfant syrien mort noyé ?

Comment UN SEUL décès, aussi choquant et dramatique soit-il, peut-il secouer aussi fort les consciences alors que la guerre interne syrienne a provoqué PLUS DE 150.000 MORTS depuis 2011 ?! Tout cela parce qu’il s’agit d’un enfant ? N’y a-t-il pas une certaine perversité à donner plus de crédit – moral, politique, ou sentimental – à la mort d’un enfant qu’à celle d’un adulte tout aussi innocent ?

Je me pose ces questions quand je vois l’inertie globale qui règne au sujet de la crise syrienne depuis près de 4 ans, malgré cette quantité vertigineuse de victimes, digne d’un génocide. Parce que des cadavres, monsieur Bachar El Assad (ce petit Hitler oriental appuyé par les plus néfastes Etats envers l’idée de démocratie, comme l’Iran et la Russie qui le font directement, ou la Chine qui joue de son veto à l’ONU) en a provoqué directement ou indirectement des quantités absolument effroyables ! Des corps percés de trous provoqués par des munitions véloces et brulantes, déchiquetés, tordus, méconnaissables, voire impossibles à identifier, par familles entières, femmes et enfants compris, ce n’est pas ce qui manque pour nous émouvoir au plus profond et nous révulser d’horreur. Ce conflit a probablement déjà assassiné plus de 8.000 enfants en 4 ans, sans soulever un tollé tel qu’on le voit depuis deux jours.

Pourtant, c’est la photo d’un seul enfant noyé qui engendre un bouleversement des réseaux sociaux puis des médias, et provoque ensuite des réactions au plus haut niveau.

Cette sensiblerie envers l’enfance et les poncifs qui s’y associent (l’avenir de la nation, etc..) me laissent souvent dubitatif voire soupçonneux. En effet, j’ai toujours pensé qu’une vie valait une vie ; autrement dit, qu’un adulte ne mérite pas moins de vivre qu’un enfant, et qu’il ne mérite pas plus d’être traité mal. Qu’un adulte n’est jamais qu’un enfant qui a grandi, et un enfant un adulte en devenir. En somme, que l’égalité entre les êtres, clairement et universellement définie dans les Droits de l’Homme, vaut à tous les niveaux.

On pourra faire le battage médiatique que l’on voudra, le plus désolant est que 150.000 morts n’auront pas été suffisants pour émouvoir assez « la toile », comme le disent les médias. Par ailleurs, on en profitera pour constater combien l’union des nations est impuissante à agir, vite et bien, quand des états toxiques comme la Chine ou la Russie disposent de droits aussi grands que le veto.

Si la mort de seul enfant permet de faire avancer les choses pour réduire les effets de ce conflit sur les populations, tant mieux. Mais restons conscients que ce sera au prix d’une perversité absolue et malgré tout profondément meurtrière.

 

 

PS :  j’ai entendu à la radio ce matin une syrienne, mère de famille, candidate à l’émigration, déclarer : << je ne veux pas voir cette photo. Ca ne sert à rien. J’ai vu pire pendant cette guerre. >> Ca mérite d’y réfléchir sérieusement. Surtout en cette heure où l’on va jusqu’à reprocher à certains médias de ne pas avoir publié cette image.

 

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