Richard FERRAND bénéficie d’un classement sans suite

Examinons l’affaire récente concernant Richard Ferrand, big boss des députés LREM, ex-socialiste jusqu’en 2015 (n’a rendu sa carte que récemment, mais séduit par Macron depuis 2014, porteur de la « loi Macron » et passé dans son camp depuis 2016). Sacré changement de cap en bien peu de temps ! C’est à croire que les pires des pires viennent de là ! Ca en raconte long sur le mandat présidentiel de Hollande et les catastrophes qui y sont liées.

D’ailleurs, ça en dit tout simplement très long sur l’état de notre démocratie. Il ne faut pas s’étonner alors que des situations de conflits d’intérêts, d’abus de toutes sortes ou de corruption restent dans l’ombre la plus opaque, car il n’y a pas un camp qui ne soit empêtré jusqu’au cou. C’est ainsi que des lois scélérates passent en douce, au fin fond de la nuit ou pendant les congés estivaux.

Revenons à ce monsieur. Il est visiblement très enraciné sur son terroir ; il a brigué de nombreuses candidatures, occupé différents postes locaux et régionaux et fut un dirigeant d’une structure mutualiste importante. Bref, on peut se demander comment la décision de classement sans suite de la récente affaire d’appel d’offres le concernant peut intervenir de la sorte, ce qui revient à un refus d’enquêter. Pourtant, les faits sont particulièrement dérangeants : il prend la décision de signer un acte conclu avec une entité qui n’existe pas au moments des faits. Cette dernière est créée ensuite par sa propre conjointe ; autrement dit, il signe au bénéfice de son couple ! Le cautionnement de Directeur Général qu’il apporte à la structure créée par sa conjointe permet à cette dernière d’obtenir un prêt de 100% sur l’opération ; tout est pré-financé pour plus de 400 k€ ! Et ensuite, les loyers tombent tous les mois dans la poche de la SCI créée par Madame, qui peut rembourser la banque en moins d’un an ; une affaire en or menée de main de maitre.

L’enchainement chronologique ainsi que les liens entre Richard Ferrand et Sandrine Doucen (depuis au moins l’an 2000) prêtent à un doute très fort : conflit d’intérêts, favoritisme, abus de confiance, violation du Code de la Mutualité.

Pourtant, le parquet classe sans suite, au motif qu’il n’y aurait pas de préjudice avéré (personne aux MDB n’aurait déposé de recours ; c’est pratique pour un Procureur peu enclin à agir) et de ce fait-même aucune infraction avérée, de toute façon prescrites car il n’y aurait pas de dissimulation avérée. Ca fait beaucoup d’attente de choses avérées… On dirait bien que les diligences de la justice n’ont pas été à la hauteur des doutes possibles et des préjudices potentiels.

Car Monsieur Ferrand n’est pas critiquable sur ce seul point. Il montre une « présence » et une implication très fortes sur le terrain, avec des effets pour le moins problématiques. Ce faisant, il multiplie les raisons de questionner son attitude en tant qu’élu de la Nation :
- usage de proches et de membres de sa famille comme « assistants parlementaires » dans des conditions peu claires, à l’image de ce qui s’est hélas régulièrement fait dans l’hémicycle (on se rappellera son attitude agressive envers Fillon récemment...)
- usage inadapté de son IRFM et augmentation de son patrimoine grâce à cette dernière (achat puis revente d’une permanence, un « classique » des abus de fonds publics de parlementaires depuis longtemps)
- poste rémunéré aux Mutuelles de Bretagne pendant son mandat de député, impliquant un problème de lobbying actif de sa part et de prise conflictuelle d’intérêt
- obtention de travaux par la société de son ex-femme dans un EHPAD dont il était vice-Président
- utilisation de son influence (conseiller général et gestionnaire) pour procurer à une proche un poste majeur aux Mutuelles de Bretagne
- décisions de gestion critiquables (cf. affaire citée ci-dessus), notamment du point de vue de l’approche mutualiste

Il faut reconnaitre qu’il règne quelque chose de malsain dans ce réseau resserré, qui inspire le favoritisme, le trafic d’influence voire l’abus de biens sociaux. Certainement pas le désintéressement. Pourtant, après avoir été (brièvement) ministre, Richard Ferrand est secrétaire général LREM, autrement dit un des bras droit de Macron (oui, il n’en manque pas..). La Bretagne est fortement présente dans les proches du Président. Richard Ferrand a été un des premiers PS à passer chez En Marche et un des premiers fidèles de Macron.

Alors ? La Cour de Brest aurait-elle été « sous influence » ? Pourquoi confier cette affaire à un Procureur sur le départ ? quelle est la position du Ministère de la Justice, maitre des poursuites pénales, mais aux mains des politiques ? Pourquoi une affaire méritant la justice et concernant un élu n’est-elle pas systématiquement l’objet de dépaysement judiciaire ?

Et pour finir, acceptons-nous vraiment d’être gouvernés par des individus ayant de tels agissements ?

Articles récents

Bruno Le Maire, un ministre des finances pour qui ?

Je trouve particulièrement scandaleux que Bruno Le Maire, Ministre des Finances, déclare ce matin 9 octobre 2017 sur France Inter que les impôts sur le capital sont excessifs et que les entreprises ne peuvent pas se financer de ce fait.

La réalité comptable est toute autre : les bénéfices bruts sont d’abord répartis dans les rémunérations de gérance ou de direction, puis en dividendes, primes, actions, bonus et autres chapeaux, toujours en direction des dirigeants. On a vu grimper en flèche depuis 20 ans l’enrichissement des détenteurs du capital. Celui-ci est immense au point d’être dorénavant très difficile à cacher. Dividendes records, gros salaires en hausse à 2 chiffres, tout ceci a permis de décupler en 20 ans les moyens des plus aisés. Cet enrichissement vient d’une part des revenus boursiers de valeurs mobilières (les actions), mais il vient aussi des ressources dégagées par l’activité des entreprises, qui sont en grande partie captées par ceux qui ont le pouvoir de le faire, sans aucune régulation ni contre-pouvoir.

Les salaires sont quasiment gelés depuis 30 ans, ils ne sont donc pour rien dans le supposé défaut d’investissement. Ce sont bel et bien les directions d’entreprises et les actionnaires qui sacrifient l’investissement au bénéfice de l’augmentation de leur patrimoine et de leur train de vie.

L’impôt n’y est pour rien, et il est faux de déclarer que l’impôt bloque tout en France. D’autant plus que le résultat fiscal d’une entreprise (et donc son impôt) diminue en fonction de l’augmentation des prélèvements sociaux effectués par les dirigeants. Les systèmes dérogatoires sont innombrables et c’est une des complexités du Droit du Travail et du Droit Fiscal des entreprises. Rien qu’avec les aides « réduction Fillon » et maintenant le CICE, les entreprises sont inondées de finances publiques ; c’est même le « ruissellement à l’envers ». On peut valablement considérer qu’une grande partie des entreprises en France sont subventionnées ; pendant ce temps, paradoxe inexcusable, les patrons, MEDEF en tête, déclarent haut et fort leur refus de l’intervention de l’Etat… Cherchez l’erreur !

Tous les prélèvements effectués par les dirigeants et détenteurs du capital des entreprises se font au détriment de l’investissement et des réserves à stocker par l’entreprise. Il est très clair que, s’il n’était que l’impôt, les entreprises se porteraient certainement beaucoup mieux et garantiraient leur développement et leur avenir de manière bien moins précaire. Mais vous savez fort bien que pour constater cela, il faut avoir accès au passif du bilan des comptes des entreprises, et que ça n’est guère à la portée du public.

Monsieur Bruno Le Maire, vous mentez. Vous oubliez que vous êtes notre ministre, celui du peuple et non de la ploutocratie de ce pays. C’est une forfaiture supplémentaire que la Nation subit. Vos propres intérêts se confondent avec les entités que vous défendez. Vous ne manquez pas de faire savoir que les politiques seraient « mal payés », ce qui est assez audacieux voire outrageux par les temps qui courent. Vos propres revenus dépassant les 150 K€ par an, soit un SMIC ANNUEL par mois, on comprend mieux votre attitude envers l’impôt. Il est votre ennemi, vous ne le cachez pas. D’ailleurs, il suffit d’examiner attentivement votre pédigrée personnel, familial et « professionnel » pour comprendre vos motivations à faire à ce sujet des déclarations mensongères dans les médias.

Ceci étant, je voudrais simplement (vous) rappeler les articles 12 à 14 de la Déclarations des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui affirment que chacun doit contribuer à raison de ses facultés, ce dont vous semblez vous soucier comme d’une guigne…


Macron et le bordel…

« il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent avoir des postes là-bas.  (parce qu’il y en a qui ont les qualifications pour le faire) (et c’est pas loin de chez eux) ».

Déclaration de M. Macron le 4 octobre 2017. Nous avons là un bel exemple de la considération d’un Président de la République Française envers les salariés. Tout à fait dans la continuité de l’affaire du costard en mai 2016, lorsqu’il était ministre, déjà en train de dézinguer le Code du Travail. Mais décodons d’abord ces derniers propos.

 

« Il y en a certains » : on aime imaginer quelle est l’idée précise qui guide la pensée de M. Macron quand il utilise ce mot « certains« . J’ai pour ma part une piste sur la représentation qu’il se fait des ces « certains » : des individus d’une classe dont il ne fait pas partie et qu’il ne respecte aucunement, des gens qui préfèrent l’oisiveté au travail, des individus qui se permettent de contester (quelle outrecuidance !) et de la faire savoir, peut-être même sympathisants de syndicats ouvriers, des « rouges » quoi ! Des gens qui sont de toute façon des opposants, donc des ennemis.

 

« au lieu de foutre le bordel » : la manifestation et la grève sont des droits fondamentaux. lorsque des salariés doivent en venir à cette extrémité, parce qu’ils subissent des faits inacceptables, de devoir faire grève ou de manifester, cela n’est pas considéré par ce monsieur comme une expression légitime fondée sur des motifs légitimes. Non, pour M. Macron – pourtant Président et garant de nos institutions – cela s’appelle « foutre le bordel« . Autrement dit, un bon employé est un employé qui se tait et fait là où on lui dit de faire. Pour ce personnage, il y a mieux à faire que de tenter de se faire entendre, et certainement mieux que de tenter de faire valoir des droits. Droits contre lesquels M. Macron a significativement oeuvré très récemment ! D’ailleurs, tout à sa morgue, celui-ci continue à refuser toute rencontre alors que son refus fait précisément partie des motifs de mécontentement des « fouteurs de bordel ».

 

« feraient mieux d’aller (etc..) » : là, il faut bien écouter car on est au coeur de l’idée présidentielle. Le message est clair : le salarié se doit d’avoir la mobilité la plus totale, et faire abstraction de toute autre considération. Car c’est l’essence même de l’idéal politique et des convictions de ce nouveau président : le monde du travail doit offrir une main-d’oeuvre obéissante, qualifiée, facile à utiliser sans difficultés administratives, facile à s’en défaire, mais aussi totalement mobile, prête à tout instant à partir là où on la veut.

 

« peuvent avoir des postes là-bas (c’est pas loin de chez eux) » :  Le terme « là-bas » implique une distance importante, notable ; plus grande que quand on dit « ici » ou « là ». les postes « là-bas« , ça signifie pour ces salariés tout quitter pour aller travailler à 140 km de leur site actuel, soit 2 heures de chez eux ! M. Macron considérant qu’aucun obstacle n’existe pour ces fâcheux troublions d’aller travailler à Ussel… Mais pour M. Macron, tout ceci est quantité négligeable ; peut-être oublie-t-il que nous n’avons pas tous hélicoptère, avion ou limousine avec chauffeur à disposition, et que travailler là ferait effectuer 280 km par jour…..  Mais qu’importe, puisque « qu’ils ont les qualifications pour le faire« . Bien entendu, les salariés qualifiés, ça manque souvent, c’est très utile et on en voudrait bien ! Mais il serait mieux qu’ils acceptent tout sans compter, sans s’assurer de leurs droits, et surtout sans considération de vie privée. Taisez-vous, déménagez (payez !), quittez votre vie actuelle (sacrifiez-la) et allez bosser pour les gens de mon monde, au tarif qu’ils voudront bien vous accorder, sans discussion. Si « bordel » il doit y avoir, mettez-le dans votre propre vie…

 

Circulez, il n’y a rien à voir. Voilà en somme le seul argument, la seule réponse possible à attendre de ce président-là. Qui vaut bien le « casse-toi pov’con » d’un certain président précédent. Car la vulgarité sous-jacente des propos de Macron sont du même niveau que ceux de Sarkozi de Nagui-Bosca à leur époque. Pire encore même, parce que Macron veut se présenter comme quelqu’un de digne et de respectable ! Or, on constate là, encore une fois, qu’il ne l’est guère plus.

Son mépris des gens ordinaires est de plus en plus palpable. Les exemples ne manquent pas, Whirlpool par exemple. Rappelez-vous aussi mai 2016 et son apostrophe à des opposants, sa réplique lancée sur un ton vif : « vous [n']allez pas me faire pleurer avec votre T-shirt. Le meilleur moyen de se payer un costard, c’est de travailler« . On voit que Macron est atteint quand on parle de son costume, car il répond du tac au tac, un peu « à la Sarko ». Le vernis craque… Cette formule lapidaire et condescendante, indigne d’un ministre, est une véritable insulte envers son jeune interlocuteur. En gros, comprendre : « si vous êtes pauvre, c’est de votre faute. Vous n’avez qu’à travailler ». Edifiant quand on sait l’impuissance de ce ministre à juguler le chômage ! Mais ce qui est intolérable, c’est que Macron dit ça à quelqu’un qui gagne entre 10 et 30 fois moins que lui, même en ayant un emploi à temps plein ! Un énarque (encore un, ils nous tuent tous…), ancien banquier d’affaires, au patrimoine (mal défini) qui se chiffres en millions d’euros, et qui tient de tels propos dans de telles circonstances, c’est infect. C’était bien là encore montrer combien les gens qui ont quelque chose à dire ou à défendre sont pour lui dérangeants et méprisables. Quand on cherche un emploi et qu’on entend ça, de la part de quelqu’un qui a gagné des millions d’euros chez Rothschild, qui obtient des prêts d’origine très diverses par millions d’euros, on a de quoi se sentir trahi et agressé.

Aujourd’hui, M. Macron réitère des propos qui ont exactement le même fond : « vous êtes des travailleurs, fermez-là et allez travailler ». Il faut aussi comprendre par là qu’il règne une nette détestation (pour ne pas dire une haine) du milieu salarié, ouvrier, populaire, et que le démantèlement du Code du Travail par Macron ne fait qu’en montrer la portée. Ce monsieur détruit le peu de Droit du Travail qui restait à défendre, tout en sachant fort bien que ses prédécesseurs ont déjà mis à mal toute possibilité de contrôle et de sanction envers les entreprises fautives. Un des résultats de ses actions est le blanchiment des heures de travail non payées, qui se comptent par milliards chaque année. Aujourd’hui, confronté à un mouvement social, il renouvelle son mépris envers ceux qui doivent vivre avec des revenus qui peinent à atteindre l’équivalent de 5% des siens ! C’est d’une indécence typique de cette part de français très aisés et dorénavant tout à fait décomplexés.

Nous ne faisons pas partie du même monde, et tout est fait pour que ces deux mondes s’éloignent le plus possible : à vous le boulot (si possible, et dans les conditions que nous fixerons), à nous le pouvoir (le plus absolu possible) et l’argent (en quantité la plus élevée). Le soi-disant « anti-système » est bien à l’aise aujourd’hui pour s’y ancrer profondément. Maintenant élu président, il ne manque pas de se sentir en pleine légitimité. M. Macron représente un milieu qui n’a que faire de la population et s’en préserve. Il faut clairement affirmer que les 20,7 millions de votants (sur 41 millions) ont élu le fer de lance du MEDEF à la tête de l’Etat…

 

Zola, au secours !!!

 

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